Visite de l’ARS dans le Gers: nos élus doivent parler d’une voix forte
Visite de l’ARS dans le Gers: nos élus doivent parler d’une voix forte

Visite de l’ARS dans le Gers: nos élus doivent parler d’une voix forte

Lancé par le Printemps auscitain, l’Observatoire de la désertification médicale suit et commente l’actualité sur ce sujet en même temps qu’il se fait le porte-voix des patients et des soignants. Abonnez-vous à la page en cliquant ici. (photo capture Facebook)

Le compte-rendu de la rencontre entre nos élus départementaux et le nouveau directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie est inquiétant. Il témoigne de l’incapacité de nos élus à se positionner dans un rapport de force qu’il est nécessaire d’instaurer pour obtenir des résultats tangibles sur le terrain.

Rappelons pour commencer que les ARS sont notamment chargées d’organiser l’offre de soin sur leurs territoires. Sous le contrôle du ministère de la Santé, elles sont censées planifier l’offre de soins, protéger la santé publique, surveiller les risques sanitaires et coordonner les acteurs du système de santé afin d’adapter les politiques nationales aux besoins locaux.

C’est donc au directeur général de l’ARS qu’il appartient en premier lieu de trouver les voies et moyens d’adapter l’offre de soin aux besoins locaux.

Le compte-rendu de la rencontre avec le nouveau directeur de l’ARS publié sur le compte Facebook de la majorité départementale.

On est bien heureux d’apprendre qu’à l’issue de cette rencontre un « diagnostic commun » ait été partagé entre le département et l’ARS ! Ce diagnostic, espère-t-on, est partagé et connu de tous depuis belle lurette : la maison brûle et le désert avance ! Que font les « pompiers » censés s’attaquer au feu? Ils « font émerger plusieurs pistes de travail pour répondre aux défis de demain ». Quelles pistes? Quels défis? Ici la langue de bois ressemble à la réserve de bûches qui servent à entretenir le feu… 

On est un peu frappés aussi de voir notre président du conseil départemental se mettre dans la position de l’élève audité présentant à son examinateur « les nombreuses initiatives portées par le Département » ( qui pallient, notons-le au passage, les défaillances manifestes de l’Etat) alors qu’il devrait être, au contraire, dans la position de l’auditeur demandant des comptes à son interlocuteur et fixant une feuille de route pour répondre aux besoins du territoire.

On est désolé, pour continuer, de constater que la situation d’Auch qui est passée en quelques années de plus de vingt médecins généralistes à moins de dix n’ait semble-t-il même pas été évoquée. En un peu plus d’un an, 8000 Auscitaines et Auscitains environ ont perdu leur médecin traitant. Cela n’est pas prêt de s’arranger puisque parmi les médecins qui restent en poste, plusieurs ont déjà largement dépassé l’âge du départ à la retraite. 

On s’étonne enfin de ce que la question posée par le sénateur du Gers Franck Montaugé à ce même directeur concernant la mise en oeuvre du dispositif « médecins juniors » dans les territoires ruraux n’ait pas reçue de réponse à l’occasion de cette réunion.

Que le département ait « un rôle de partenaire et de facilitateur » est bien la moindre des choses. Mais exiger de l’Etat qu’il enraye sans délai la spirale de la désertification qui s’installe à 70km à peine d’un des plus gros pôle français de formation de médecins est ce que les Gersoises et les Gersois attendent de lui.

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