
Lors du conseil municipal du 25 juin 2026 qui marquait les premiers cent jours de la nouvelle majorité, les élus du Printemps auscitain, par la voix de Michaël Aurora, ont fait la déclaration suivante :
Monsieur le maire, chers collègues,
Ce jeudi 25 juin, cent jours se sont écoulés depuis le second tour de l’élection municipale. Le 1er juillet, cela fera cent jours exactement que le conseil municipal est installé. Ce chiffre symbolique est généralement un repère. Cent jours, c’est le temps que l’on se donne pour imprimer un rythme, lancer ses premières politiques, imposer sa marque. Donner le ton en quelque sorte. Or, depuis l’élection, que s’est-il passé ?
On vous a bien vu ici ou là, sur vos réseaux sociaux, participer à des rencontres, être présent à des inaugurations, annoncer diverses festivités mais sur les sujets graves qui préoccupent à juste titre nos concitoyens : on ne vous a pas entendu.
Vous êtes entourés d’adjoints et de conseillers délégués chargés d’importantes missions pour répondre à l’urgence climatique, faire reculer la désertification médicale, améliorer la sécurité, régler les problèmes de circulation et on en passe. Quels sont leurs plans d’action ?
Pendant la campagne, vous avez avancé pas moins de 309 propositions. C’était ambitieux. A l’échelle du mandat, cela fait pratiquement un engagement par semaine ! Comment allez-vous tenir ce rythme ?
Nous subissons depuis le début de la semaine une deuxième vague caniculaire encore plus forte que la précédente. Cela justifierait des mesures urgentes à la hauteur de la situation. Au lieu de cela, vous goudronnez un espace enherbé rue Michelet et vous vous faites tirer l’oreille par les parents d’élèves de l’école maternelle Lissagaray pour que des mesures concrètes soient prises pour abaisser la température dans les classes ! De nombreux Auscitains attendent qu’on leur propose de l’ombre sur la place de la République : depuis le mois de mai, des arbres en pots comme on en voit dans d’autres villes, auraient pu être installés. Cela vous aurait permis d’accomplir un geste fort en faisant la démonstration de votre capacité de décider et d’agir… Au-delà du projet d’îlot de fraicheur envisagé dans le cloitre des Cordeliers, existe-t-il un programme pluriannuel de création d’îlots de ce type sur d’autres sites identifiés de la ville ?
Parlons aussi du désert médical qui avance. Il ne reste plus que dix médecins en exercice à Auch alors qu’il y en avait 23 il y a encore quelques années. On estime que 8000 patients ont perdu leur médecin traitant depuis plus d’un an. Un Auscitain sur trois ! C’est énorme ! Quelles sont les mesures concrètes que vous proposez pour répondre à la détresse de vos administrés ? Avez-vous avancé sur le projet de création d’un centre de santé accueillant des médecins salariés comme vous vous y étiez engagé dans votre 102e proposition ? Le silence de la ville et de l’agglomération sur ce sujet de la santé a poussé notre association, le Printemps auscitain, à créer un « Observatoire de la désertification médicale » qui a pour but de recueillir la parole des usagers, de manifester notre soutien aux médecins encore en poste et dont certains ont déjà largement dépassé l’âge de la retraite, d’informer aussi nos concitoyens sur les évolutions de la situation dont on sait qu’elle va empirer à coup sûr.
Et ne parlons pas de l’hôpital dont vous êtes le président du conseil de surveillance. L’inauguration récente d’une nouvelle IRM, qui est en service depuis octobre 2025, est une bonne nouvelle. Mais cette opération de com a du mal à masquer les difficultés persistantes que connait cet établissement dont le service des urgences est régulièrement fermé, dont le personnel en sous-effectif chronique souffre, et dont le projet de reconstruction, devenue entre-temps une rénovation, n’a cessé d’être revu à la baisse.
Nous savons tous ici que tout ne peut se régler en quelques semaines. Nous avons bien conscience que les communes n’ont pas les moyens de répondre à toutes les urgences qui assaillent notre société. Mais le premier magistrat d’une commune comme la nôtre, chef-lieu de département, a une voix qui porte dans l’espace public. Il peut bousculer l’inertie des pouvoirs publics. Il doit prendre des initiatives et mobiliser la population et les élus pour débloquer des situations que nous estimons catastrophiques pour l’avenir de notre territoire. Nos concitoyens attendent que leur maire fixe un cap et se batte pour sa commune !
Si c’est le chemin que vous décidez d’emprunter maintenant, nous serons à vos côtés pour faire avancer les choses dans l’intérêt général.
Ces cent premiers jours de votre mandat sont aussi nos cent premiers jours aux places qui sont les nôtres. Nous entendons être une force de proposition et un contre-pouvoir démocratique.
Une force de proposition parce que nous avons une vision pour notre ville que nous avons détaillée dans notre programme. Le fait que nous ne disposions que de deux sièges dans cette assemblée ne nous empêchera pas de faire avancer nos propositions et progresser nos idées, à commencer par celles que nous avons sur la démocratie locale et la transparence de l’action publique.
Un contre-pouvoir parce que l’opposition n’est pas un obstacle à la majorité : elle est la condition de toute démocratie. Sans elle, la majorité n’aurait plus à expliquer ses choix, à se corriger éventuellement, à se mesurer à d’autres visions du bien commun.
Notre rôle premier est en effet le contrôle démocratique. En questionnant vos décisions, en exigeant des comptes, en rendant publics les manquements, nous exerçons une fonction nécessaire et utile de vigilance que ni la presse ni la société civile ne sauraient accomplir seules.
Le scrutin municipal vous donne une majorité écrasante dans cette assemblée malgré une majorité, disons très relative dans les urnes. C’est la loi électorale, nous la respectons. Mais il faudra « supporter » nos voix parfois discordantes à défaut de les entendre, c’est la loi de la démocratie. Je vous remercie.
